Le projet de recherche

Un projet numérique adossé à un projet de recherche

Vers un atlas de l’art dans l’espace public : la modélisation d’un musée réticulaire

par Virginie Pringuet


Thèse soutenue le 31-01-2017 à Rennes 2, dans le cadre de École doctorale Arts, Lettres, Langues (Rennes), en partenariat avec Université Bretagne Loire(COMUE) et de Arts : Pratiques et Poétiques. UHB (laboratoire) .

Le président du jury était Fatiha Idmhand. Le jury était composé de Nathalie Boulouch, Renée Bourassa, Pierre Oudart. Les rapporteurs étaient Fatiha Idmhand,Geneviève Vidal.

Résumé

Art dans l’espace public, art public, art à ciel ouvert, art in situ, Land art ou encore musée sans murs, autant de termes polysémiques qui désignent un champ artistique souvent au coeur des polémiques mais finalement peu documenté. Cette thèse en esthétique s’inscrivant dans le mouvement des humanités numériques est consacrée à la problématique de l’inventaire, de la cartographie et de la visualisation des oeuvres d’art dans l’espace public. Le projet de recherche est constitué de deux volets : une plateforme numérique – le site Wiki et l’application mobile Atlasmuseum – et la thèse. L’examen de plusieurs initiatives, nationales et internationales, de cartographie d’oeuvres d’art public, de projets pionniers d’inventaires numériques et de collections institutionnelles sur le Web s’est opéré à partir d’une question centrale : comment concevoir une instance muséale pour des oeuvres situées précisément en dehors du périmètre du musée ? Et de manière corollaire : comment modéliser un « musée réticulaire » dans le contexte de l’ouverture, de l’interopérabilité des données culturelles et du Web sémantique ? Partant du constat de l’hétérogénéité et de l’incommensurabilité constitutive du corpus d’oeuvres ainsi qu’à travers la lecture rapprochée et distanciée d’une sélection d’oeuvres d’art public contemporain (issues notamment du « 1% artistique » et de la commande publique entre 1951 et 2016), la thèse est construite autour de la conception d’une instance muséale reliant à travers leurs notices plusieurs centaines d’oeuvres, d’artistes et des lieux. La plateforme Atlasmuseum est un dispositif à la fois curatorial, muséologique et muséographique qui regroupe selon un mode contributif curators, conservateurs, amateurs d’art, artistes, informaticiens, historiens de l’art, documentalistes, enseignants et étudiants ; elle repose sur le logiciel Mediawiki enrichi de l’extension SemanticMediawiki. A l’intersection de la cartographie, de la muséologie critique et de l’anthropologie de l’art, la thèse est structurée en quatre parties. La première est consacrée à la carte comme médiation entre les oeuvres et les lieux. La carte y est examinée selon différents points de vue afin d’esquisser les grandes lignes d’un outil d’inventaire potentiel pour les oeuvres d’art public. La deuxième partie de la thèse consiste à prolonger les premières hypothèses en opérant un double changement d’échelle, de la carte à l’atlas et symétriquement de l’inventaire au musée. Suit la partie « centrale » de la thèse, qui constitue une version « papier » de la plateforme Atlasmuseum dans ses deux formats (Web et mobile) et dans ses quatre dimensions (exploration, contribution, recherche et sémantisation). Dans la quatrième partie est proposée une lecture « à distance » des données récoltées et des hypothèses explorées dans les parties précédentes, notamment à travers la constitution d’un corpus d’oeuvres restreint. L’hypothèse explorée dans cette partie est celle de la visualisation ontologique des notices d’oeuvres à travers une modélisation et une spatialisation spécifique des données et des métadonnées (selon le modèle CIDOC CRM ). Il s’agit ainsi au fil de la thèse d’opérer plusieurs glissements de terrain successifs et rétroactifs, de la théorie à la pratique, du curating artistique vers la curation de données, de la carte vers l’inventaire, de l’atlas vers le musée, du diagramme vers le réseau